h
London Office
Quick Contact

MS804 d’Egyptair : la thèse égyptienne de l’attentat décrédibilisée par les mesures d’enquête françaises

Alors que l’Égypte privilégie la thèse de l’attentat, démentie par les enquêteurs de l’IRCGN qui avait conclu à l’absence de traces de TNT sur les corps des victimes françaises, les enquêteurs français semblent depuis plusieurs semaines prendre en considération la thèse de la combustion ou auto-combustion d’un appareil électronique, ce que nous avions ici-même précédemment évoqué ici.

Cette thèse est prise très au sérieux par le Parquet du TGI de Paris, compétent en matière d’accidents collectifs ; la Presse révèle à ce sujet que le les trois juges d’instruction parisiens en charge du dossier ont rendu une ordonnance missionnant trois experts judiciaires pour tester différents modèles d’appareils électroniques de la marque à la pomme, afin de déterminer si ceux-ci ont pu être à l’origine d’une combustion originelle dans l’aéronef.

A l’origine de ces mesures d’expertise, le cliché d’une caméra de surveillance à l’aéroport Charles de Gaulle montrant qu’au moment du décollage le copilote aurait placé sur le tableau de bord plusieurs de ces appareils électroniques ainsi que des bouteilles de parfum dotées d’aérosols; hasard peut-être, mais c’est à cet endroit précis que les premiers messages de défaillance technique sont apparus – il seront suivis d’alertes à la fumée dans les toilettes à l’avant de l’appareil, puis dans la soute, comme l’ont révélé les enregistreurs de vol.

Dans la ligne de mire des enquêteurs : la batterie au lithium du géant californien. La mission des experts portera justement sur la possibilité pour ces appareils d’être à l’origine des messages d’alerte déclenchés à bord de l’aéronef, et en définitive du crash lui-même.

Si la plupart des smartphones et ordinateurs sont actuellement équipés de telles batteries, ils n’ont évidemment pas vocation à exploser, bien que le challengeur coréen de la marque à la pomme ait récemment fait les frais d’un problème de fabrication de grande ampleur, sur l’un de ses derniers modèles destiné à concurrencer le modèle californien. Rappelons qu’après cette affaire, aussi bien l’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA), que la Federal Aviation Administration (FAA) ou Transports Canada avait recommandé l’extinction des appareils pendant toute la durée du vol.

Les pilotes ne peuvent pas quant à eux disposer de tels appareils dans le cockpit, excepté s’ils ont été délivrés par la Compagnie aérienne elle-même. Air France et Transavia fournissent d’ailleurs des tablettes spécifiques à leur personnel ; d’autres Compagnies évitent scrupuleusement les batteries au lithium, jugées instables.

Les avis des consultants aéronautiques, relayés par les médias, divergent, et il appartiendra aux scientifiques missionnés de rendre leurs conclusions concernant un potentiel « emballement thermique ». Si la possibilité d’une d’auto-combustion est avérée, ils appartiendra aux experts de déterminer le rayonnement de chaleur produit, et analyser les suies et fumées émanant d’une telle combustion.

Ces expérimentations feront l’objet d’une captation vidéo, le but étant de déterminer si les appareils électroniques ont pu prendre feu de manière autonome, dans quelles conditions, à quelle vitesse et avec quelles conséquences dans le cockpit, notamment sur les pilotes.

Le rapport des trois experts est attendu au plus tard pour le 30 septembre 2017 ; BCV Lex ne manquera pas d’en relayer les résultats publics.

Poste un commentaire